Inondation du hall départ de l’aéroport de Lomé : Les élucubrations de Gnama Latta

Laverte –le 29/07/19 –Le 13 septembre 2016, nous avons publié un article suite à une inondation intervenue à la nouvelle aérogare avec ce titre : « Nouvelle aérogare de Lomé. La chinoiserie de Faure et copains déjà inondée après une petite pluie. Un nouveau scandale signé Gnofam, Latta et Chinois ». Cet article avait suscité la colère des barons du régime et nous avons dû répondre à la HAAC qui s’est comporté comme une cour martiale. Il nous avait été balancé à la figure sur fond d’injures que nous étions en mission pour saboter le sommet sur la surété et la sécurité maritime, que nous étions antipatriotes. Des confrères ont été transportés sur les lieux, avec des mesures d’accompagnement, pour démentir les faits et faire passer la rédaction comme une boite à diffuser des mensonges. Et pourtant les faits étaient bel et bien réels; sauf que l’inondation s’est produite dans la soirée et les voyageurs qui les avaient rapportés n’avaient pas eu le réflexe de prendre des images. Et comme la vérité finit toujours par rattraper le mensonge, dans l’après-midi du lundi 24 juin 2019, soit moins de trois ans après, le hall départ de l’aéroport de Lomé a été inondé suite à une pluie qui s’est abattue sur la capitale et ses environs. 

Et cette fois-ci, la bande à Gnama Latta et comparses n’a pas eu cette chance de dire que ce sont des affabulations parce qu’il n’existe pas de preuves. Comme une trainée de poudre, les images de ce hall inondé avec des seaux posés à certains endroits, ont fait et continuent de faire le tour du monde, suscitant les commentaires que chacun peut imaginer, tant cet aéroport a été présenté comme un joyau. 

Face aux critiques les plus acerbes qui fusent de partout le Colonel Gnama Dokessime Latta Directeur Général de la SALT (Société aéroportuaire de Lome-Tokoin), Directeur de l’ANAC (Agence nationale de l’avion civile), un autre cumulard de la République, a cru bon devoir balancer sur la place publique une réaction qu’il a nommée pompeusement droit de réponse. 

Il ne maîtrise certainement pas les éléments du langage journalistique et il est utile de lui rappeler le sens de ses expressions en des termes plus simples et élémentaires : « Le droit de réponse permet à toute personne, physique ou morale, nommée ou désignée dans un média, de faire publier sa version des faits ». En l’espèce, il n’avait pas besoin de nommer son texte droit de réponse, parce qu’aucun média de manière formelle n’a relayé l’information. Au lieu d’un droit de réponse, une mise au point conviendrait à sa sortie. Enfin, ce ne sont que des questions de forme. Revenons donc au fonds du fameux droit de réponse. 

« Une intempérie est une perturbation météorologique, un mauvais temps ou une rigueur du climat qui peut mettre à mal les bâtiments ou le mobilier. A l’échelle mondiale, les catastrophes naturelles sont souvent destructrices, provoquant des dommages occasionnés par les inondations d’habitations ». Le Colonel Gnama Dokessime Latta est un excellent pilote; voilà pourquoi il se rappelle la définition exacte du mot « intempérie » enseignée en climatologie en première année d’école de pilotage. 

On ne saurai lui faire un procès s’il s’en est servi pour introduire son droit de réponse. Il fut un excellent élève pilote (sic) et c’est à son honneur. Continuons le décryptage du droit de réponse : « Suite à de fortes précipitations dans l’après-midi du lundi 24 juin 2019, à l’aéroport de Lomé, le hall de l’aéroport international Gnassingbé Eyadema (AIGE) a malheureusement connu, une fuite d’eau. C’est une première, depuis la pose de la toiture de l’aérogare qui date de plus de 5 ans et nous saluons la brillante réactivité des équipes techniques pour solutionner le problème. 

Des mesures ont été prises dans l’immédiat pour maitriser la situation afin d’éviter d’importants dommages. Une équipe de techniciens assurant la permanence, a scruté le toit qui avait précédemment été nettoyé afin d’appréhender la saison des pluies. C’est une situation désagréable due à un débordement du collecteur principal situé sur le toit de l’aérogare. Ce dysfonctionnement est lié à la forte intensité de la pluie combiné d’un vent violent en un laps de temps ». Sans se rendre compte, l’auteur du droit de réponse, dans sa description, nous renseigne sur les imperfections ou défectuosités de ce ouvrage.

Lorsqu’on construit sa maison ou un ouvrage selon les normes de qualité et du bon matériel, on ne s’inquiète pas de l’arrivée de la saison de pluie, au point d’envoyer chaque saison des techniciens nettoyer la toiture. Cet aveu de Gnama Dokisime Latta, tout comme le cas du débordement du collecteur principal d’eau sur le toit nous renseigne sur la qualité de l’ouvrage. La toiture de l’aérogare a-t-elle une durée de vie de moins de 5 ans lorsqu’on affirme que c’est une première depuis la pose qui date de plus de 5 ans? Du reste, la météo n’avait pas annoncé un orage violent à Lomé le lundi. C’était juste une petite pluie accompagnée de vent, et cela à suffi pour endommager le joyau de 150 milliards de Gnama Latta. 

C’est la faute à la pluie et au vent 

« Ce désagrément est certes malheureux, mais est loin d’être une honte pour le pays et ne remet pas en cause la qualité des installations. Nous avons eu la malchance d’être victime d’une perturbation météorologique qui peut arriver partout et à n’importe qui». Il est sérieux, ce monsieur ? On ne construit pas de tels édifices surtout un aéroport sans étude d’impact environnemental et climatique ? Que vient chercher la malchance dans cette histoire ? L’aérogare est-elle construite dans une zone ou un pays où il ne devrait jamais pleuvoir pour qu’on présente la pluie comme une malchance pour justifier la défectuosité de l’ouvrage ? 

La construction d’une aérogare ou d’un terminal, sa qualité et sa solidité sont-elles devenues une affaire de loterie pour qu’on nous parle de malchance ? Que Gnama Latta arrête de jouer la comédie et, pour une fois, assume ses responsabilités, par ce que contrairement à ce qu’il dit, c’est une vraie honte pour le Togo, à l’heure où les images font le tour du monde avec les fameux techniciens et leurs seaux d’eau de pacotille. Est-ce avec un tel matériel qu’on fait le nettoyage d’un aéroport, notamment les seaux qui sont disposés dans le hall ? Les contorsions intellectuelles et les arguties dont le monsieur est coutumier pour justifier l’injustifiable le rendent ridicule. 

Gnama Latta a un sérieux conflit avec la vérité. En 2012, alors ministre de la Sécurité, suite à la violente répression des manifestations du CST à Deckon avec des grenades lacrymogènes balancées dans l’enceinte de la paroisse de l’Eglise catholique d’Amoutiévé, l’homme a trouvé un argument surréaliste en accusant le vent d’y avoir entrainé les gaz lacrymogènes. C’est encore le vent, combiné à une forte pluie selon Gnama Dokisime Latta, qui est responsable de l’inondation du hall de l’aéroport. Ce monsieur, à force de planer en l’air avec les aéronefs, a un curieux rapport avec le vent. Nous espérons que le jour où on détectera des anomalies dans la gestion des structures qu’il a en charge, il n’accusera pas le vent d’avoir fait volatiliser des millions. 

Pour terminer, il invite à la citoyenneté : « Un appel est lancé à tous, à faire preuve de citoyenneté, afin de reconnaitre les valeurs de notre cher pays le Togo et venter ses mérites » . « Venter » ses mérites comme quoi, le vent revient encore et toujours. Dommage que les Togolais ne pourront faire preuve d’aucune citoyenneté et vanter un ouvrage défectueux réalisé par des ripoux qui se sont arrangés pour détourner une partie des fonds. Pour avoir supervisé la construction d’une aérogare de qualité douteuse, Gnama Dokisime Latta est loin d’être bien placé pour inviter ses compatriotes à la citoyenneté. 

Tout compte fait, cette aérogare est un scandale de plus dans la République autocratique de Faure Gnassingbé où l’impunité est devenue une norme. Le coût de la réalisation de ce ouvrage sur un prêt chinois que les Togolais devraient rembourser sur 25 ans, était de 75 milliards de franc CFA. A la fin des travaux, le budget a explosé du simple au double, mais certains compartiments prévus sur la maquette ont curieusement disparu, notamment l’hôtel (3) étoiles, le nombre des passerelles réduit, etc. Par quelle alchimie peut-on justifier un tel contraste ? 

Depuis les dénonciations des médias, personne n’a jamais été inquiété, ce qui laisse transparaître une complicité plus grande voire un réseaux de malfaiteurs dont les ramifications vont au-delà de l’inimaginable. Et pourtant les Togolais subissent déjà les conséquences de ce prêt à polémique. Le retour sur investissement pour le rembourser a poussé les autorités à multiplier les taxes sur les billets d’avions, faisant du Togo le pays où le billet d’avion est le plus taxé en Afrique de l’Ouest. 

Un responsable d’une compagnie internationale desservant Lomé, au cours d’un exposé, a situé à 52% les taxes instaurées sur les billets par les autorités togolaises. Quant aux Chinois, pour se faire rembourser au plus vite leurs milliards, ils ont déjà pris le contrôle d’une partie de l’aéroport, notamment le fret venant de l’Asie. Ils vivent désormais sur le site de l’aéroport dans des maisons préfabriquées en face de l’Eglise Winners Chapel. Que dire devant cette situation révoltante, sinon rappeler à Gnama Dokisime Latta la vertu du silence devant certaines situations par cette pensée de Montesquieu dans l’Esprit des Lois : « Se taire, c’est ne pas refuser de parler, mais c’est parler encore ». Il aurait dû la boucler, monsieur le DG au carré.

    Source : l’Aternative

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